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Léon Gambetta

BIOGRAPHIE de Léon GAMBETTA

Mais qui est Léon Gambetta ?

Son nom est le 6e nom le plus donné à une rue en France, tout de même. Mais que lui vaut cette notoriété ? Être né à Cahors en 1868 ? Peut-être pas… Pourtant la Préfecture du Lot a vu naître une des personnalités emblématiques de la IIIe République. Il en fut un ardent défenseur, puis un acteur.

 

Statue de Léon Gambetta à CahorsLéon Gambetta est le fils de l’épicier italien qui tient le « bazar génois » face à la cathédrale.
« Turbulent, espiègle, dissipé », mais « doué d’une remarquable intelligence », diront ses enseignants au petit séminaire de Montfaucon. L’avenir leur donnera raison : il poursuit ses études au lycée de Cahors (actuel collège) et obtient le baccalauréat ès lettres.

 

La vie l’a déjà éprouvé : à l’âge de 11 ans, il perd son œil droit au cours d’un accident. C’est pourquoi, tous ses portraits sont pris de son profil gauche. Borgne, mais visionnaire, il saura voir son destin.

C’est ainsi que, refusant de reprendre l’épicerie familiale, il « monte » à Paris pour devenir avocat.

Fréquentant les milieux républicains très tôt au café Voltaire, il s’illustre dans un procès symbolique au cours duquel sa plaidoirie politique contre le IInd Empire et le coup d’état de Napoléon III fait sa célébrité, à défaut de lui permettre de gagner le procès.

 

Léon Gambetta incarnation de la IIIème République

Dès lors, son parcours s’inscrira dans l’avènement, puis les soubresauts de la IIIe République.

 

Élu député de Marseille, face à Ferdinand de Lesseps en 1869, il propose un « programme de Belleville » (où il s’était présenté aussi), qui fonde sa pensée politique :

  • Liberté de la presse
  • Séparation de l’église et de l’État
  • Suppression des armées permanentes
  • ….

 

… mais face à la menace prussienne de 1870, dans une France en conflits, il vote les crédits de guerre. Ce ne sera pas le moindre de ses paradoxes. Autoritaire et défenseur des libertés publiques, anti-militariste et prônant la guerre à tout prix… Gambetta ne poursuit qu’un objectif : instaurer la République. Meilleur ennemi de Thiers pendant la guerre, il le soutient après contre la majorité monarchiste.

 

L’évasion en ballon

L’épisode le plus célèbre reste son évasion de Paris -alors que la capitale est cernée- en montgolfière pour rejoindre une partie du gouvernement de Défense nationale à Tours. De là, puis de Bordeaux, en tant que Ministre de l’Intérieur et Ministre de la Défense nationale, il organise la lutte de la Province contre la Prusse de Bismark. Mais rien n’y fait. Son bellicisme « à outrance » lui vaut le surnom de « fou furieux » par Thiers et l’inimitié de nombreux politiques, journalistes ou écrivains. 1ère sortie de la scène politique. Il se réfugie en Espagne et ne participe pas aux événements de la Commune.

 

Se soumettre ou se démettre

Après la guerre, Gambetta mènera tous les combats contre la restauration de la monarchie et pour l’affermissement de la République. Il sait mieux se faire entendre du peuple que se faire écouter de ses collègues parlementaires, qui craignent ses idées progressistes au profit d’une « couche sociale nouvelle ». Tribun exceptionnel dans l’âme et reconnu, on le surnomme le « commis voyageur de la République », tant il sillonne la France pour faire valoir ses convictions. C’est au cours de l’un de ses discours contre le Président Mac Mahon en 1877 qu’il prononcera cette sentence si souvent reprise sans qu’on lui en attribue toujours le mérite : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre ». Éternelle citation.

 

Gambetta, Président et encore Président

Et ça marche, puisque les Républicains obtiennent la majorité à l’Assemblée. Il choisit la Présidence de la Chambre des députés en 1879, laissant les manettes à Jules  Grévy. Mais les gouvernements successifs s’épuisent et Léon Gambetta finit par accepter la Présidence du Conseil en 1881. Les ambitions sont nombreuses (nationalisation des chemins de fer, mise en place de l’impôt sur le revenu, reconnaissance du droit syndical,…), mais effraient (les financiers, les industriels) sans pour autant obtenir l’adhésion des députés (qui voient leurs modes de vie jugés trop luxueux remis en question). Le gouvernement Gambetta durera 72 jours, sans réalisations concrètes. Ses idées devront creuser encore les sillons du temps pour être acceptées.

 

Commerce des parents de Léon Gambetta à Cahors

 

Comment est mort Léon Gambetta ?

C’est le crépuscule de ce combattant de la République. Il se retire dans sa maison des Jardies à Sèvres/Ville d’Avray, où il décédera le 31 décembre 1882, à l’âge de 44 ans.
S’il a eu plusieurs vies politiques, Léon Gambetta semble avoir eu aussi plusieurs morts : un pistolet qui lui blesse la main constitue le point commun de toutes les hypothèses. Puis : est-ce sa maîtresse Léonie Léon qui lui tire dessus par jalousie ? S’exerçait-il à tirer après avoir été ridiculisé lors d’un duel ? Est-ce un complot maçonnique (il appartenait à la loge La Réforme) ? A-t-il voulu éviter à Léonie de se suicider, car elle était soupçonnée d’espionnage pour Bismark ? Réparait-il son pistolet ? Certains destins sont plus créatifs que les meilleurs scénarii. La suite aussi est livrée aux conjectures : Pérityphlite ? Septicémie ? Appendicite aiguë ? Cancer de l’intestin ou de l’estomac ? Tout cela à la fois ? Léon Gambetta conserve certains de ses mystères.

Gambetta au Panthéon et en statue

Toujours est-il que son corps sera démembré pour constituer des « reliques républicaines ». Le reste sera enterré à Nice, tandis que l’urne contenant son cœur sera transférée au Panthéon en 1920.

De Cahors au Panthéon, c’est l’histoire d’un homme d’État, borgne clairvoyant, passionné de République, tribun exceptionnel, qui rêvait d’union, sans toujours pouvoir la concrétiser.

 

Une statue de ce natif de Cahors s’impose en centre-ville, sur la place François-Mitterrand. Du doigt, il semble désigner l’avenir, celui des générations de Cadurciens qui l’ont suivi, puisque c’est vers le collège –qui fut son lycée- que pointe le doigt décidé de Léon Gambetta.

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