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Gariotes, Caselles, murets et Cayrou

Les éléments de pierre sèche les plus caractéristiques dans la région de Cahors sont les murets, cayrous, gariotes et cabanes également appelées cazelles. Vous les retrouverez la plupart du temps en campagne le long des routes du Lot et autres chemins de randonnée.

 

Différence entre gariotes et caselles

Définition d'une gariotte

Qu’elle soit incorporée à une muraille ou à un cayrou ou encore indépendante, la gariote est un simple abri avec parfois quelques dalles saillantes servant de siège. Leur nom provient du français « guérite ».

Une gariote proche de Cahors

 

Définition d'une caselle

Leur fonctions sont multiples : abri de vigne, remise à matériel, garde-pile et cellier, bergerie poulailler, étable ou encore habitation temporaire pour domestique ou ouvrier agricole.

Les voûtes en encorbellement peuvent avoir la forme d’une cloche d’un dôme, d’un cône ou encore formant un plafond plat. L’étymologie dérive du latin « casa » faisant référence à la « maison »

Une caselle proche de Cahors

 

Les murets

Les hauteurs des murets sont variables : 0m70, 1m20, 1m60, 2m20… les largeurs les plus courantes restent en dessous du mètre. La structure du muret consiste en 2 parements reliés entre eux, à intervalles, par des pierres traversières. Certains murets se terminent par une simple arase, d’autres sont coiffés d’un chaperon crénelé : le rastel.

Les murets comportent généralement quelques aménagements pratiques :

  • Le comptador : emprunté par les brebis une par une ce qui permet de les compter. Le sautador ou darcador : permettant à une personne d’enjamber le mur.
  • Lo pas del lèbre : entrée pour lièvre. Permet également le passage des animaux de basse-cour.

 

Du simple abri de berger formé par l’excroissance du muret à la caselle à trois niveaux qui abrite le pigeonnier, le poulailler et la remise, la diversité de leur forme confirme l’émulation paysanne à l’origine de cette étonnante richesse architecturale.

Muret en pièce sèche dans le Lot

 

Les cayrous

Amas de pierres au parement soigné. Certains cayrous sont multiples avec addition de contreforts correspondant à des épierrements successifs.

De nombreux cayrous voient s’ouvrir dans leur parement des gariotes ou des loges. On rencontre également divers aménagements extérieurs : rampes d’accès au sommet, nichettes ou pierres encastrées saillantes.

 

Les Cairns

Egalement appélé montjoie, un cairn est un amas artificiel de pierres pour marquer un lieu particulier. Dans le Lot on en trouve beaucoup notamment sur les chemins de randonnée et plus particulièrement sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Originellement créés pour indiquer des sentiers à suivre, rendre hommage à un mort ou à comémorer des batailles, ils ont plutôt une fonction plus légère maintenant et ceux qui vous rencontrerez n'ont été créé que par des marcheurs qui voulaient indiquer être passé par là, tel un souvenir de leur passage.

 

Les murets et cabanes du Lot

Issues de l’épierrement des champs, les murets matérialisent les limites de parcelles, organinés en réseau.

La densité de ce maillage ponctué de cabanes témoigne encore aujourd’hui du partage traditionnel des terres par héritage ainsi que de la variété des sols et des cultures liées à une topographie complexe. Un bocage de pierre dort sous les friches et survit encore aux abords des hameaux, des villages et des chemins.

Dans le Quercy, la conquête paysanne du sol commencée vers la fin de la guerre de 100 ans avec l’arrivée d’une nouvelle population de colons s’accélère vers la fin de l’ancien régime et se poursuit dans la majeure partie du 19e siècle.

Cette conquête des terres se traduisit par un morcellement agraire. Ce morcellement est encore visible non seulement sur les feuilles du cadastre mais aussi sur le terrain, du fait de la création d’enclos délimités par des murets en pierre sèche.

 

Au morcellement du sol vinrent s’ajouter les conséquences des transformations agricoles liées à l’essor de l’économie entre 1850 et 1880.

Le paysage se modifia en fonction de l’extension du vignoble du Quercy qui passa de 50 000 ha en 1850 à 80 000 juste avant le phylloxéra, montant à l’assaut des friches et des bois, qu’il fallut épierrer.

 

 

Un peu d’histoire

On rencontre, dès 1508, dans un passage des « commentaires » de blaise de Montluc, un témoignage  précieux sur les clôtures en pierre enserrant les parcelles du causse de Souillac à Cahors.

15e siècle : dans des archives notariales concernant le causse de Livernon, on trouve 2 mentions intéressantes :

  • Une cabane ou poulailler en pierre,
  • 2 cabanes ou caselles en pierre.

 

Ce témoignage montre l’emploi dès le 15e siècle du terme occitan « cazela », pour désigner les cabanes en pierre ainsi que leur usage en tant que poulailler.

 

Néanmoins, la majorité des sources date du 19e siècle. Elles nous permettent de savoir qui sont les bâtisseurs de ces paysages de pierre sèche. D’après les sources, ce sont la plupart du temps les hommes qui avaient la terre en fermage.

 

Les petits propriétaires élèvent eux-mêmes leurs clôture, ils doivent également pour survivre participer avec les domestiques et les journaliers à la construction de longues paradadas. C’est un travail de période creuse avec parfois pour seul salaire la soupe.

 

La régression des murets et des cabanes

Elle commence à partir des années 1880 à cause d’une dépopulation qui voit les valets de ferme et les journaliers partir vers Decazeville.

Des lois sociales règlementent le travail des enfants et l’obligation scolaire s’installe.

Entre 1870 et 1880 : le phylloxéra arrive en Quercy, les vignes des causses et des coteaux sont détruites, les clôtures sont laissées à l’abandon.

 

A partir des années 1950 : usage des clôtures de fils de fer (barbelés puis ursus), usage du tracteur + machine à concasser les pierres : tous ces paramètres accélèrent l’abandon de l’architecture de pierre sèche.

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