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Les pigeonniers

Isolés ou accolés à d’anciennes exploitations seigneuriales, les pigeonniers composent un élément insolite et majeur du patrimoine rural quercinois. Vous encroiserez le long des routes sinueuses du Lot entre Cahors et Saint-Cirq Lapopie.

Les pigeons étaient essentiellement élevés pour leur production de colombine. La fiente constituait un engrais organique particulièrement riche que l’on diluait à l’eau de pluie pour ne pas brûler les semences. Cet engrais avait tant de valeur qu’on le partageait entre héritiers, lors des successions, au même titre que les terres et les immeubles.

 

 

Un peu d’histoire

En Quercy, le droit d’avoir des pigeons et donc des pigeonniers n’est pas une conquête révolutionnaire. Depuis au moins le 13°S, il est possible pour un  propriétaire de posséder un pigeonnier sans être noble, sous condition coutumière d’avoir une superficie de terres compatibles avec le nombre de pigeons. Cette condition a fait du grenier-pigeonnier le symbole par excellence de l’exploitation agricole et de l’opulence agricole, la taille du pigeonnier traduisant l’étendue des terres cultivées.

Cependant, l’abolition du droit de pigeonniers, le 4 août 1789, vit se multiplier les constructions de pigeonniers.

 

 

 

Des formes variées

L’architecture des pigeonniers est variée : en pierre, ils sont carrés, circulaires et parfois même hexagonaux. Certains sont bâtis en pans de bois et coiffés d’un lanterneau.

Ce que l’on appelle « pigeonnier de plein champ » est la plupart du temps une réserve de grain ou « garde-pile ». Comme dans toutes les régions agraires, les semailles de céréales sont un bien particulièrement précieux, car il conditionne la survie alimentaire d’une année sur l’autre. On éloigne les grains des autres bâtiments agricoles pour les préserver du risque d’incendie et on les stocke dans une construction isolée spécifique.

Comme les grains ont tendance à attirer les rongeurs, on les stocke à l’étage pour les éloigner du sol et puisqu’on dispose ainsi d’un rez-de-chaussée, on l’utilise comme petite étable pour une mule ou un âne, ou tout simplement de remiser pour y ranger des outils.

 

Il existe cependant des pigeonniers véritables dont l’ensemble du volume est entièrement dévolu aux pigeons. Les nids de pigeons sont généralement des petites corbeilles en osier accrochées aux parois ou des petites niches ménagées dans les murs. Ces pigeonniers-là étaient souvent associés à des grosses exploitations agricoles seigneuriales.

Dans ces pigeonniers circulaires, les nids appelés boulins sont des cavités de 20 cm de profondeur pratiquées dans la maçonnerie ou des paniers d’osier fixés à la paroi.

 

Au sud du Quercy, il est fréquent de vois s’élever les tours quadrangulaires des pigeonniers en pied de mulet dont la toiture à une seule pente forme un décrochement servant de plateforme d’envol aux pigeons.

A partir du 19°S, les pigeonniers ont tendance à s’intégrer à l’habitation ou à la grange. Ils surmontent la demeure formant une élégante tourelle accueillant les trous d’envol en partie haute qui sont protégés par un cordon de pierre en saillie : la randière, pour protéger les nids des rongeurs et autres prédateurs.

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